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On est en droit de se poser la question de savoir si un parti au pouvoir adopte la même attitude que lorsqu’il n’y est pas (Ben Gourian)

RAPPEL DE MOMENTS HISTORIQUES

Dans les prochains jours, nous allons voir sur nos écrans, un bien triste et mauvais souvenir de notre histoire de France.

En effet un réalisateur a eu l’immense courage de mettre en scène un triste épisode qui est survenu chez nous, ici en France, souvenir impérissable mais dû à la cruauté des hommes et de certains Français du gouvernement pétainiste, envers une catégorie d’êtres humains, qui mérite notre plus grand respect et un grand coup de chapeau pour sa volonté à se reconstruire dans un trou perdu du Moyen-Orient qu’ils défendent bec et ongles contre le siège que leur imposent depuis plus de 60 ans, les pays arabes riverains,  de cette terre désertique qu’ils ont façonnée de leurs mains meurtries et calleuses. Ils ont même réussi à régler leur compte à certains de leurs bourreaux nazis qui se cachaient en Amérique du Sud ou ailleurs.

Ils ont crée un Etat respecté et craint. Quelle revanche !

Leur tort en 1942, celui d’avoir été des Juifs. Ils furent regroupés au Vélodrome d’hiver (Vel d’Hiv) de Paris, malmenés, insultés, battus, par la police gestapiste pétainiste de cette époque. Leur direction : les camps d’extermination d’Auschwitz, de Dachau, de Belzec et Chemillé (Pologne), de Maly Trostenets, de Sobibor, de Treblinka de sinistre mémoire, de Drancy et de Royallieu (France, la honte), Ravensbrück, Buchenwald et même un camp en Afrique du Nord à Hajerat M’Guillbien où de nombreux juifs moururent de faim, de maladie ou de torture.  Il y en eut bien d’autres en Russie, en Pologne, mais leurs noms m’échappent.

De ce qui précède, je ne puis m’empêcher d’établir un parallèle avec nous PIEDS-NOIRS, lorsque l’on nous a mis à la porte sans ménagements de nos trois départements Français de LA-BAS. Je n’avais que six ans en 1962 et mon jeune frère trois ans, mais mon père nous a tout raconté.

En 1942, la police pétainiste et les Métropolitains s’en sont pris aux Juifs qui avaient la réputation d’être âpres au gain, exploiteurs, avides d’argent, bref conformes aux images stéréotypées anti-sémites de la propagande nazie.

En 1962, soit vingt ans après, la police gaulliste et les Métropolitains s’en sont pris aux Pieds-noirs qui avaient la réputation d’être également âpres au gain, exploiteurs des Algériens, colonialistes, bref conformes aux images stéréotypées anti-coloniales de la propagande marxiste et gaulliste.

Certes, nous n’avons pas été envoyés dans des camps de concentration pour y être exterminés ; la comparaison entre Juifs et Pieds-noirs (que ces derniers soient, Juifs ou Chrétiens) s’arrête là. Mais que de drames avant le funeste départ de 1962 :

-       Signature des accords d’Evian dans notre dos, le 19 Mars 1962.

-       Le massacre de la rue d’Isly du 26 Mars 1962 par l’armée gaulliste (la force locale) qui tire sur des Français sans défense.

-       Tir à  vue à Oran, sur des Français organisant un concert de casseroles, blessant ainsi une fillette de 10 ans aux jambes lui infligeant par la suite une amputation de ses deux membres. (les média serviles de l’époque avaient exclusivement mis en exergue auparavant, la mutilation accidentelle par l’O.A.S de la malheureuse petite Delphine Renard,  âgée de quatre ans).

-       Le massacre du 5 Juillet 1962 à Oran où selon certaines statistiques, trois mille innocents disparurent ce jour-là sous l’œil impavide du général Katz (le diable ait son âme) et de sa soldatesque.[

-       L’abandon des harkis livrés à la folie meurtrière du « F.L. HAINE » avec la complicité du pouvoir gaulliste et la passivité de l’armée française. Merci à certains de ses chefs courageux qui prirent la responsabilité d’en sauver un maximum.

Et enfin le départ forcé pour un ailleurs que nous espérions plus accueillant.

Lorsque mon père nous amena à Oran pour nous faire partir, ma mère, mon jeune frère et moi, par un bateau en partance pour un ailleurs, n’importe où, et  sitôt  arrivés à l’embarcadère au pied du bateau de l’exil, chargés de nos pauvres bagages, mon père tenta de  nous aider à monter sur le pont du bateau.

Sa tentative fut vouée à l’échec, car immédiatement un militaire s’interposa, menaçant, entre mon père et nous.

Le visage haineux, il le  braqua avec son P.M, le canon posé contre son ventre, avec l’intention évidente de s’en servir, en cas de tentative de rébellion de sa part, lui intimant l’ordre de lever les bras, lui interdisant ainsi de vouloir  nous aider.

La mort dans l’âme et les larmes aux yeux, mon père nous regarda gravir cette passerelle interminable conduisant sur le pont du bateau à destination inconnue,  ma mère chargée de ses deux valises, mon petit frère et moi la tenant par les pans de sa robe.

Arrivés sur le pont, nous nous retournâmes vers le quai pour regarder une dernière fois notre père décomposé, les mâchoires serrées et le visage baigné de larmes.

C’est cet instant là, que choisit un quidam, arrivé je ne sais d’où, mais  chargé de l’organisation (sans doute)  des passagers malgré eux, pour nous arracher à notre mère en prenant mon jeune frère sous son bras et moi par la main en disant à ma mère que les enfants étaient réunis et parqués en un lieu réservé à leur intention, pour la durée de la traversée.

Ma mère, telle une furie, lâcha ses valises et lui courut après, le rattrapa et nous arracha à son emprise et s’interposa courageusement entre lui et nous. Voyant sa détermination, il fit demi- tour et avec un haussement d’épaules s’en alla nous laissant ensemble, livrés à nous-mêmes.

Inutile de vous dire, car vous aussi l’avez vécu, que  la traversée fut un calvaire, surtout pour ma mère, avec nos mauvaises chaises longues « généreusement » prêtées (C’est grand, c’est beau, c’est généreux la France !) par la compagnie maritime pour les pauvres êtres que nous étions devenus, mais la situation échappait à notre compréhension enfantine et à l’insouciance de notre jeune âge.

La suite et l’accueil qui nous fut réservé après l’arrivée des Pieds-noirs en France, vous la connaissez mieux que moi.

Mon père devait nous rejoindre plus tard fin juin 1962 à l’endroit que nous avions choisi provisoirement en attendant notre regroupement familial.

Ce qui précède n’avait pour but que d’établir un parallèle entre le comportement de la police pétainiste en 1942 et celui des forces armées gaullistes en 1962.

A toutes les époques et quel que soit le degré d’évolution d’une nation, d’un état, d’un pays, dans les périodes sombres et troubles, les forces armées obéissent aveuglément aux ordres du pouvoir en place.

Si ce dernier donne l’ordre d’ouvrit le feu sur des civils sans défense, elles le feront sans «  hésitation ni murmures ».

On apprend peu par la victoire, mais beaucoup par la défaite

Proverbe japonais

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du 10.03.10

Mis à jour ( Vendredi, 19 Mars 2010 10:26 )
 

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